un
peu
ombrageuse.
un
jour,
par
exemple,
parlant
de
ses
quatre
epines,
elle
avait
dit
au
petit
prince:
—
ils
peuvent
venir,
les
tigres,
avec
leur
griffes!
—
il
n’y
pas
de
tigres
sur
ma
plae,
avait
objecte
le
petit
prince,
et
puis
les
tigres
ne
mangent
pas
d’herbe.
—
je
ne
suis
pas
une
herbe,
avait
doucement
repondu
la
fleur.
—
pardonnez-moi…
—
je
ne
crains
rien
de
tigres,
mais
j’ai
horreur
des
courants
d’air.
vous
n’auriez
pas
un
paravent
“horreur
des
courants
d’air…
ce
n’est
pas
de
chance,
pour
une
plante,
avait
remarque
le
petit
prince.
cette
fleur
est
bien
pliquee…”
—
le
soir
vous
me
mettrez
sous
globe.
il
fait
tres
froid
chez
vous.
c’est
mal
installe.
la
ou
je
viens…
mais
elle
s’etait
interrompue.
elle
etait
venue
sous
forme
de
graine.
elle
n’avait
rien
pu
connaitre
des
autres
mondes.
humiliee
de
s’etre
laissee
surprendre
preparer
un
mensonge
aussi
naif,
elle
avait
tousse
deux
ou
trois
fois,
pour
mettre
le
petit
prince
dans
son
tort:
—
ce
paravent…
—
j’allais
le
chercher
mais
vous
me
parliez!
alors
elle
avait
force
sa
toux
pour
lui
infliger
quand
meme
des
remords.
ainsi
le
petit
prince,
malgre
la
bonne
volonte
de
son
amour,
avait
vite
doute
d’elle.
il
avait
pris
au
serieux
de
mots
sans
importance,
et
etait
devenu
tres
malheureux.
“j’aurais
du
ne
pas
l’ecouter,
me
confia-t-il
un
jour,
il
ne
faut
jamais
ecouter
les
fleurs.
il
faut
les
regarder
et
les
respirer.
la
mienne
embaumait
ma
plae,
mais
je
ne
savais
pas
m’en
rejouir.
cette
histoire
de
griffes,
qui
m’avait
tellement
agace,
eut
du
m’attendrir…”
il
me
confia
encore:
“je
n’ai
alors
rien
su
prendre!
j’aurais
du
la
juger
sur
les
actes
et
non
sur
les
mots.
elle
m’embaumait
et
m’eclairait.
je
n’aurais
jamais
m’enfuir!
j’aurais
du
deviner
sa
tendresse
derriere
ses
pauvres
ruses.
les
fleurs
sont
si
contradictoires!
mais
j’etais
trop
jeune
pour
savoir
l’aimer.”